Après 6 journées de championnat, 5 points au compteur et un faible bilan de 3 buts marqués pour 8 encaissés, le Stade Rennais réalise incontestablement, depuis que je le suis, un de ses pires débuts de championnat non seulement sur le plan comptable mais également, et c’est le plus inquiétant, dans l’aspect du jeu, quelqu’il soit. Tactiquement, physiquement, mentalement, le Stade Rennais ne m’a jamais paru aussi fébrile surtout depuis que je m’intéresse plus en profondeur à ses performances, sur le plan individuel comme collectivement.
Comment peut-on tenter d’expliquer cette méforme sans tirer de jugement trop hâtif ? Quelles solutions peuvent être envisageables à court, moyen et long terme pour sortir de ce « bourbier » ?
Le dimanche 19 Septembre 2021 à 18h45, le Stade Rennais a enregistré sa troisième défaite d’affilée en Ligue 1 face à un Olympique de Marseille qui semblait, malgré les quelques failles qu’on pouvait lui trouver, être totalement au-dessus dans l’ensemble des domaines. Impact, qualité technique, créativité, prise d’initiative, spontanéité, les joueurs de Jorge Sampaoli ont montré d’entrée qu’ils comptaient prendre le contrôle de ce match et ils l’ont globalement très bien réalisé face à des Rouge & Noir apathiques. Le score de parité à la mi-temps ne reflétait en rien un quelconque équilibre entre les formations. Bien au contraire, les Marseillais ont manqué de réalisme et de réussite (Cf Guendouzi 29’) et ont fait face deux fois à un Alfred Gomis déterminant dans le premier quart d’heure face à Gueye et Dieng. Un score de 2 voire 3-0 à la mi-temps n’aurait pas été surprenant.

Serhou Guirassy bien pris par Pape Gueye. (Icon Sport)
On pouvait s’attendre à une forme de révolte, un sursaut d’orgueil des joueurs de Bruno Génésio, une envie de montrer que la performance sur le plan mental face à Tottenham n’était pas une simple exception mais bien le lancement de la saison du Stade Rennais. Il n’en a rien été. Dès l’entame de la seconde période, les Olympiens sont repartis sur les chapeaux de roues, conscients qu’ils se devaient d’ouvrir la marque le plus rapidement possible pour ne se pas mettre bêtement en danger (On sait tous de quoi est fait le football et à quel point les règles de supériorité ne sont parfois pas respectées). 3 minutes ont suffi pour que Bamba Dieng, certainement un des marseillais les plus dangereux depuis le début du match, réalise un déplacement absolument sublime dans la surface rennaise pour se débarrasser du marquage de notre défense centrale et reprendre le centre de Lirola pour ouvrir le score.
Je vous passe la suite du match qui ne serait rien d’autre qu’une réitération sans intérêt de mes précédents propos.

Du côté rennais, toujours pas de révolte. On constate le même manque d’imagination dans le jeu qui, couplée à une fébrilité technique déconcertante, ne laisse entrevoir rien d’autre qu’une bouillie de football. Et ce constat est quasi-immuable pour les 2 « performances » face à Angers et Reims. Les 3 premiers matchs face à Lens, Brest et Nantes ne dérogent pas vraiment au constat qu’on peut tirer à la suite de cette nouvelle contre-performance face à l’OM.
Unpopular Opinion : La performance face à Tottenham ne doit pas devenir une référence pour le Stade Rennais en terme de style de jeu. On a pu observer des choses intéressantes, de la vivacité, quelques enchaînements et de belles combinaisons mais dans sa globalité, cela restait tout de même assez pauvre. En revanche, et c’est ce qui a permis aux Rouge & Noir de sortir la tête haute de ce match, l’état d’esprit, l’énergie et l’intensité ont été irréprochables sur ce match. Pas de secret, un comportement exemplaire permet dans la grande majorité des cas de compenser des défaillances sur le plan technique, le match face à Tottenham en est le parfait exemple.
Depuis plusieurs heures, Bruno Génésio est devenue la principale cible de nombreux supporters Rennais (et je ne vais pas me cacher d’y avoir été de bon coeur également) qui l’estiment en grande partie responsable de nos maux en championnat. Est-ce légitime de sauter de suite à la gorge de l’ancien Lyonnais ou notre avis n’est-il pas biaisé, entre autres, par le FC Twitter (notamment la communauté Lyonnaise) qui y allait de son analyse sur Pep Génésio (Plus forts que les forts, plus faibles que les faibles) et nous a de suite mis en garde sur une qualité de jeu qu’on allait jamais entrevoir ?
Une réponse catégorique, si peu de temps après son arrivée et après le début de son premier championnat sous les couleurs rennaises, n’est pas envisageable. Mais on peut tout de même déjà mettre en avant de gros points faibles « depuis son arrivée », pas seulement depuis l’entame de saison rennaise.
Le principal point : Une absence quasi-totale d’identité de jeu. Pour faire simple, on ne sait pas où Bruno Génésio veut aller.

Bruno Génésio sans solution face à l’OM. (Icon Sport)
En revanche, un axe qui est plus que clair, et Génésio a l’air de vouloir en faire son fonds de commerce avec le Stade Rennais, c’est son appétence pour un jeu en U constant. Le principe est simple : Vous délaissez le coeur du jeu et vous favorisez les circulations de balle latérales à l’arrière du jeu pour espérer trouver une ouverture sur aile. De là, je vois deux solutions principales :
- La première, vous avez trouvé votre maillon fort offensif, sur un long ballon dans le dos de la défense ou sur une transition offensive rapide (Sulemana ou Doku) et vous espérez de lui une différence en 1c1 qui permettra par la suite d’aller au bout.
- La deuxième, votre latéral défensif (Traoré ou Meling) s’est projeté et vous proposez un jeu de dédoublements avec un éventuel troisième joueur (Milieu offensif tel que Bourigeaud ou Tait) qui a quitté sa zone pour offrir une solution et un éventuel jeu en triangle pour parfaire le dédoublement qui pourrait se conclure par un centre.
Voilà, très globalement, le jeu qui nous est proposé par Bruno Génésio. C’est encore plus appuyé depuis ce début de saison avec les profils recrutés pendant le dernier mercato. Lors de son arrivée au club en mars 2021, on avait pu observer une certaine continuité dans le travail réalisé par Julien Stéphan avec des possibilités au coeur du jeu que nous offraient certains profils comme celui de Clément Grenier par exemple. Le repositionnement de Flavien Tait dans un rôle de 10 permettait également d’apporter une certaine variété offensivement. Mais, il est clair que cela ne semblait pas convenir et les intentions de jeu, si elles existent réellement, semblent être bien différentes de ce qu’on a pu observer en fin de saison dernière.
Bruno Génésio doit-il déjà commencer à s’inquiéter pour son avenir au sein du club ? Je ne pense honnêtement pas qu’il sera inquiété de suite sauf réelle discorde entre Nicolas Holveck et Florian Maurice. Mais il ne serait pas improbable que l’éviction éventuelle de l’entraîneur entraîne la chute du Directeur Sportif qui s’était positionné pour faire venir son ancien collègue Lyonnais. À l’heure actuelle, il est clairement trop tôt pour réclamer quelconque coup de guillotine mais si un changement dans le jeu n’est pas observé plus que rapidement, et un état d’esprit irréprochable affiché constamment, il est évident que la patience de nombreux protagonistes du Stade Rennais ne sera pas éternelle.

Florian Maurice pointé du doigt avec son binôme Bruno Génésio suite aux mauvaises performances du club. (Icon Sport)
Il est également important de souligner que les joueurs doivent changer beaucoup de choses dans leur manière de faire. On peut reprocher ce qu’on veut à Bruno Génésio, les errances techniques et les manques de concentration ne sont que de leurs faits.
Les paroles, c’est bien, les actes, c’est mieux !
La saison vient à peine de commencer et il est tout à fait possible de redresser la barre dès ce mercredi face à Clermont même si la tâche ne sera clairement pas aisée. Et ce qui est certain, c’est que l’effectif que nous avons, malgré son manque d’équilibre sur le secteur défensif, est plus que prometteur et qualitatif.
À vous de jouer ! À nous de vous supporter !